Acheter ou louer : pourquoi j'ai toujours voulu être propriétaire
Le débat "acheter ou louer" se résume souvent à des calculs de rentabilité. Mais ces calculs ne prennent jamais en compte le bien-être, le besoin de maîtriser son espace de vie, ni ce que ça fait de subir un déménagement qu'on n'a pas choisi. Voici pourquoi, pour moi, la question ne s'est jamais posée.
Acheter ou louer en 2026 : le débat qui ne sera jamais tranché
Si vous tapez "acheter ou louer" sur Google, vous allez tomber sur des dizaines d'articles qui vous expliquent, calculette à l'appui, qu'il faut en moyenne 12 ans pour rentabiliser un achat immobilier par rapport à la location. Que dans certaines grandes villes comme Paris, c'est même plutôt 20 ans. Que la bourse rapporte historiquement plus que l'immobilier sur le long terme. Que rester locataire et investir la différence entre son loyer et une mensualité de crédit serait le choix le plus rationnel financièrement.
Et ces articles n'ont pas tort. Sur le papier, les chiffres sont là. La flexibilité aussi — en location, on peut changer de ville, de quartier, de logement sans se poser la question de la revente. Pas de taxe foncière, pas de gros travaux de copropriété à financer, pas de capital immobilisé dans un apport.
Sauf que tous ces articles oublient un truc fondamental : on ne vit pas sur un tableur Excel.
Ils ne comparent jamais ce que ça fait de rentrer chez soi le soir dans un endroit qui nous ressemble vraiment. De savoir qu'on ne partira pas parce que quelqu'un d'autre en a décidé ainsi. De pouvoir refaire une cuisine, agrandir une pièce, rénover une salle de bain sans demander la permission à personne et sans en faire cadeau à quelqu'un d'autre.
Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse à la question "acheter ou louer". Il y a un choix, et c'est celui qui correspond à nos valeurs, à nos besoins, à notre façon de vivre. Certains seront parfaitement heureux en location toute leur vie, et c'est très bien comme ça. Moi, ça n'a jamais été une option.
Location = Liberté ? Pas vraiment
Je n'ai jamais envisagé d'être locataire toute ma vie. Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours voulu posséder mon chez-moi. J'ai commencé par la location comme tout le monde parce que je n'avais pas le budget pour acheter, mais dans ma tête ce n'était jamais qu'une étape. Un passage obligé en attendant de pouvoir faire autrement.
Je pense que ça vient de mon enfance. Mes parents n'ont jamais été propriétaires. Ils ont été locataires toute leur vie et je les ai vus subir les conséquences de ce choix — ou plutôt de cette absence de choix. Là où certains prônent la liberté qu'apporte la location, on en oublie aussi qu'on peut la subir.
Quand j'étais petite, on vivait dans une maison de ville accolée à celle où vivait ma cousine. Tellement collées qu'on pouvait toquer à la fenêtre de l'une et enjamber pour passer chez l'autre. "Tu viens dormir chez moi ?" — "Oui j'arrive." Ma cousine était tout pour moi à cette époque-là. On avait seulement un an d'écart donc on a littéralement grandi ensemble, c'était ma meilleure amie. On était inséparables.

Le père de ma cousine était garagiste et le propriétaire du garage, qui était sur le même terrain que nos deux maisons, était également propriétaire de nos maisons. Et un beau jour, il a décidé d'agrandir son garage et donc de faire démolir les deux maisons. Ça a été un choc, on a dû déménager assez rapidement. Ma cousine s'est retrouvée dans une ville à même pas 10 km, mais quand on est enfants, 10 km c'est le bout du monde. On est passées de se voir tous les jours, de tout faire ensemble, à se voir de temps en temps le week-end. On se voyait encore, mais ce n'était plus pareil. Ça m'a beaucoup marquée.
Malgré ça, mes parents n'ont jamais acheté. L'histoire s'est répétée — une deuxième location. Une maison dans laquelle ils avaient beaucoup investi pour faire des travaux de rafraîchissement. Puis un loyer qui n'a fait qu'augmenter, augmenter, augmenter, jusqu'à ce que ce ne soit plus tenable. Et encore une fois, on a dû déménager sans avoir le choix. Je me suis dit très tôt que je ne voulais pas que ça m'arrive.
Quand je vois aujourd'hui la situation dans laquelle sont mes parents — toujours locataires dans un bien non entretenu par le propriétaire, ne pouvant pas partir faute de trouver mieux à un prix abordable — ça me conforte encore plus dans mon choix.
Quand ton cerveau a besoin de maîtriser son environnement
En tant que neurodivergente, la maîtrise de mon environnement est absolument essentielle à mon bien-être. Le bruit des voisins, les odeurs, le vis-à-vis, la lumière, l'agencement d'un espace — ce sont des choses qui impactent mon quotidien de façon disproportionnée par rapport à ce que la plupart des gens ressentent. Un voisin bruyant au-dessus, ce n'est pas juste gênant pour moi. C'est insupportable. Des odeurs de cigarette qui montent de l'étage du dessous, ça ne me dérange pas un peu — ça me gâche ma soirée entière. Ce n'est pas un caprice, c'est comme ça que mon cerveau fonctionne.
Apprendre à se connaitre avant de se lancer dans une recherche d'appartement ou de maison est primordiale, j'en parle dans cet article. Si j'étais passée par cette étape d'introspection, cela m'aurait évité bien des galères.

Quand on est locataire, on fait avec ce qu'on trouve. On compromet sur la localisation, sur le volume, sur le design, sur l'agencement. On essaie de concilier tous ses critères mais c'est quasi impossible de tout réunir dans un bien qu'on ne choisit pas vraiment. Et si on veut faire des travaux pour améliorer les choses, il faut déjà demander l'accord du propriétaire — et ensuite on lui en fait cadeau. On investit du temps, de l'énergie et de l'argent pour améliorer le bien de quelqu'un d'autre, sans aucune garantie de pouvoir en profiter longtemps. J'ai toujours eu beaucoup de mal avec cette idée-là.
Être propriétaire, pour moi, ce n'est pas juste un investissement financier. C'est la possibilité de créer un espace qui me ressemble, qui répond à mes besoins, où je me sens en sécurité. Et surtout, la certitude que personne ne pourra me dire de partir du jour au lendemain.
C'est cette envie-là, viscérale, qui m'a poussée à vouloir acheter à tout prix. Littéralement à tout prix. Et c'est justement cette impatience qui m'a menée à faire une des plus grosses erreurs de ma vie lors de mon premier achat.
Mon premier achat immobilier et tous les pièges que j'aurais pu éviter
FAQ
Faire construire sa maison en 2026, est-ce encore possible ?
Oui, mais il faut être lucide sur les coûts. En 2026, le prix moyen de construction se situe entre 1 700 € et 1 900 €/m² hors terrain, soit environ 170 000 à 190 000 € pour une maison de 100 m² avec prestations de base (sans compter le terrain, les raccordements et les frais annexes qui ajoutent facilement 15 à 25 % au budget total). La bonne nouvelle, c'est que le PTZ (Prêt à Taux Zéro) est de nouveau accessible pour les maisons individuelles depuis 2025, et les normes RE 2020 garantissent des factures énergétiques bien plus basses qu'une maison ancienne. C'est donc tout à fait possible à condition d'avoir un budget réaliste et de ne pas sous-estimer les imprévus.
Acheter ou louer, qu'est-ce qui est le plus rentable ?
Financièrement, ça dépend de la ville, de la durée et de ce qu'on fait de l'argent économisé en restant locataire. En moyenne en France, il faut environ 12 ans pour qu'un achat devienne plus rentable que la location. Mais la rentabilité ne se mesure pas qu'en euros — le confort, la stabilité et la liberté de faire ce qu'on veut chez soi, ça n'apparaît dans aucun calcul.
Est-ce qu'on peut être heureux en location toute sa vie ?
Bien sûr. C'est un choix parfaitement valable qui offre de la flexibilité et moins de contraintes. Ce n'est simplement pas le mien — j'ai besoin de maîtriser mon espace de vie pour me sentir bien, et la location ne me le permet pas.
Pourquoi l'environnement du logement est-il si important pour les personnes neurodivergentes ?
Le cerveau neurodivergent traite les stimuli sensoriels différemment. Le bruit, les odeurs, la lumière peuvent devenir envahissants et épuisants au quotidien. Maîtriser son environnement — choisir l'isolation, l'agencement, la distance avec les voisins — ce n'est pas du confort, c'est une nécessité pour fonctionner.
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